Ne soyez pas obsédé par la grammaire – parlez, parlez, parlez !
Ne soyez pas obsédé par la grammaire – parlez, parlez, parlez !

Apprendre une langue ne se résume jamais au vocabulaire. Cela reflète la façon dont on vous a d’abord appris à penser le langage lui-même.
En Angleterre, les enfants arrivent à l’école en parlant déjà avec une certaine assurance. Ils commencent par la phonétique, la lecture à voix haute et les tests d’orthographe — sans se demander pourquoi though, through, tough et thought ne suivent aucune règle. L’orthographe anglaise est moins un système qu’une collection historique de souvenirs, empruntant au latin, au français, aux langues germaniques et au-delà.
La grammaire est enseignée, mais de manière légère et pratique. Beaucoup d’adultes britanniques peuvent rédiger des e-mails clairs et persuasifs tout en ayant du mal à définir une subordonnée sur demande. En Angleterre, la langue s’utilise d’abord, s’analyse ensuite.
Traversez la Manche, et tout change.
Les élèves français apprennent la conjugaison des verbes avec précision, les accords de genre, et identifient un COD ou COI plus vite que beaucoup d’élèves britanniques ne distinguent un verbe d’un adverbe. Les dictées persistent. L’orthographe compte. La grammaire est visible, structurée, nommée et étudiée. La langue n’est pas seulement utilisée — elle est scrutée.
Cette différence influence subtilement mais profondément les attentes.
Un francophone abordant l’anglais cherche logique et cohérence : si un verbe change dans un contexte, ne devrait-il pas changer dans un autre ? Si un temps existe, ne devrait-il pas avoir un équivalent clair ? L’anglais répond poliment, avec un sourire : « Parfois. »
Ironiquement, de nombreux professionnels français comprennent la grammaire anglaise mieux que des locuteurs natifs. Ils peuvent expliquer les règles et repérer les erreurs — mais hésitent à l’oral. Pendant ce temps, un anglophone peut essayer le français avec trois formes verbales imparfaites et un accent plein d’espoir — et considérer cela comme un succès.
Il ne s’agit pas de compétence ; c’est une question de culture éducative. En France, la correction signale le sérieux et la compétence. En Angleterre, la communication prime souvent sur la perfection.
Ainsi, lorsque des professionnels français apprennent l’anglais, ils n’apprennent pas seulement du vocabulaire. Ils s’adaptent à une langue moins symétrique, moins prévisible et parfois moins soignée.
Le véritable changement est psychologique. Passer du français à l’anglais signifie souvent passer d’une culture de précision à une culture pragmatique. La pensée analytique, l’attention à la structure et le respect de la langue restent — mais l’objectif change. En anglais, l’efficacité compte souvent plus que l’élégance.
Avec un accompagnement, l’anglais cesse de ressembler à un examen et devient ce qu’il est réellement : un outil pratique d’influence, de collaboration et de crédibilité internationale.

